L’objectif d’une vis à bois est de lier un organe rigide sur une pièce de bois dite « support ». Lors d’assemblage structurel, tous les types de bois ne peuvent pas être considérés comme des supports. Ainsi, nous distinguerons les bois supports et les bois étant utilisés comme pièce à fixer.

Découvrez les différents « bois supports » et « pièces à fixer » que vous pouvez relier grâce aux vis à bois :

1. Support : bois massif tendre

Bois massif structuraux :

Bois sciés à partir de grumes qui forment une pièce de bois unique, quelle que soit sa dimension. Ces bois sont traditionnellement utilisés en construction (charpente, ossature…). Dimensions courantes : largeurs de 15 à 200 mm, hauteurs de 25 à 300 mm, longueurs jusqu’à 6 m. L’utilisation d’un bois structurel est conditionnée à la connaissance de ses propriétés mécaniques qui déterminent son classement mécanique selon la norme NF EN 1912 (ex : C18, C 24, C30). Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 14081.

Bois Massifs Aboutés (BMA) :

Le BMA, ou bois massif abouté, est de section rectangulaire. Assemblées dans le sens de la longueur, les pièces de bois dont il est composé sont préalablement purgées de leurs singularités : il ne doit y avoir ni noeuds, ni fentes, ni pente de fil élevée à l’intérieur même de l’aboutage. Ce dernier s’effectue par entures multiples, lesquelles s’emboîtent par collage. L’humidité moyenne des lamelles est de 11 à 12 %.

Le BMA ne possède que très peu de colle : joint d’aboutage tous les 2 à 3 m. Les lames sont orientées de telle façon qu’elles ont leur coeur du même côté. Ainsi, l’on obtient des barres de 13 m de long en moyenne, idéales pour la mise en oeuvre de poutres en I (avec une section maximale des lames de 63 × 100 mm), de pannes en bois massif ou de chevrons (250 × 100 mm maximum). Les essences les plus couramment utilisées sont le sapin, l’épicéa et le pin sylvestre. Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 15497.

Vis à bois préconisées :

Bois Massifs Reconstitués (BMR) ou bois contrecollés :

Le bois massif reconstitué (BMR) connaît, depuis une quinzaine d’années, une ascension fulgurante en Europe. Appelé « Duo-Trio » ou « contrecollé », il tend à remplacer le bois massif traditionnel, en raison de sa plus forte stabilité mécanique. Il se compose de deux à cinq lames à fortes épaisseurs (de 45 à 80 mm) collées entre elles, aboutées ou non, et à fil parallèle. Les lames sont collées dos à dos.

La largeur standard des poutres est de 260 mm et la longueur des barres est généralement de 13 m. Le taux d’humidité des lames non traitées ou traitées en surface est compris entre 8 et 15 %, et entre 11 et 15 % pour les éléments traités par injection. Selon la nature de la finition, le BMR peut avoir un rendu très homogène. Ce produit ne subit que très peu de variations dimensionnelles du fait de la superposition des lames : une fois stabilisé, le risque de fendage est quasi nul, les fentes en coeur intervenant au moment du séchage. Les importantes sections ainsi obtenues sont parfaites pour la mise en oeuvre des charpentes, solives de plancher ou madriers de chalets.

Les essences les plus répandues sont le sapin, l’épicéa, le pin sylvestre, le douglas et le mélèze. Toutefois, il arrive que d’autres espèces soit utilisées, parmi lesquelles : le châtaignier, le chêne, le robinier, le western red cedar, le doussié, le merbau, ou encore l’iroko. Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 52010.

Vis à bois préconisées :

 

2. Support : panneaux

Lamibois (LVL)

Le lamibois est la dénomination française de LVL : Laminated Veneer Lumber. Ce matériau structurel se compose de minces feuilles de placage – 3 mm en moyenne – collées à fil parallèle, avec des contraintes de fabrication qui s’apparentent à celles du contreplaqué. Il contient entre 10 et 20 % de colle par mètre cube. Le LVL se présente en plateaux larges (1,80 m ou plus), dans des épaisseurs variant de 25 à 75 mm selon le nombre de plis. Ses longueurs sont importantes et peuvent dépasser les 18 m.

En fonction de la sélection des placages et des méthodes d’assemblage, ses performances mécaniques évoluent, notamment en contraintes axiales où elles représentent le double d’un bois massif. On emploie le lamibois pour réaliser les linteaux ou les lisses de ceinture des maisons à ossature bois, en membrure de poutre composite en I, disposé sur chant, en panneau autoporteur ou encore pour supporter les couvertures et planchers. Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 14374.

Vis à bois préconisées :

Panneaux massifs contrecollés (CLT)

Le panneau massif contrecollé, connu sous l’appellation «Cross Laminated Timber » (CLT), se distingue d’abord par son format «façade». Avec des longueurs pouvant atteindre plus de 16 m, des épaisseurs standard comprises entre 40 et 60 cm et sa capacité de reprise de charges, il offre de grandes possibilités architecturales. Les panneaux sont réalisés à partir de trois à sept couches contrecollées à plis croisés, contre-clouées, ou assemblées par des tourillons de bois.

Cette technique offre une tenue parfaite dans le temps, ainsi qu’une excellente stabilité dimensionnelle et mécanique : l’entrecroisement des lamelles limite au maximum les phénomènes de dilation et de contraction du bois. Ainsi, ce type de matériau permet une mise en oeuvre étonnamment rapide, avec des temps de positionnement et de montage très courts. C’est la raison pour laquelle il est fortement plébiscité pour la construction d’immeubles, de ponts, de bâtiments publics, industriels et commerciaux. Ses propriétés remarquables sur le plan de l’étanchéité à l’air, de la transmission de chaleur, de la régulation de l’air intérieur, de la diffusion de la vapeur, ainsi que sa surface régulière en font un produit de luxe, mais peu utilisé en maison individuelle.

3. Support : lamellé-collé

Le BLC, ou bois lamellé-collé

Le BLC, ou bois lamellé-collé, est une technologie performante, vieille d’un siècle déjà. En France, on répertorie une trentaine de lamellistes et 85 % de la production nationale est certifiée Acerbois, seul gage de qualité reconnu par les professionnels français.

Convoité pour la réalisation des portiques supportant la couverture des grands bâtiments tertiaires, des poteaux ou des traverses de charpente, cet élément structurel est obtenu par l’aboutage et le collage de lamelles de bois, à fil parallèle.

L’épaisseur des lames est de 45 mm maximum pour les classes d’emploi 1 et 2, et de 33 mm pour les classes 3 et 4. Au-delà, on parle de bois massif reconstitué (BMR). La largeur maximale des sections est de 200 mm. La valeur ajoutée du BLC est sa longueur, oscillant entre 20 et 30 m selon les unités de production. Pour les structures exceptionnelles, les portées peuvent atteindre 150 m. Les possibilités d’assemblages sont nombreuses : «le bois sur bois» (tenons et mortaises, embrèvement, entaille et à mi-bois), par organes métalliques (pointes, clous, vis à bois, tirefonds, boulons, connecteurs, etc.), le collage et le métallo-collage (goujons, entures d’angles, inserts et plats métalliques). Grâce à ses plis horizontaux, le BLC est très malléable : il est possible de le cintrer.

Produit d’ingénierie totalement maîtrisé et très stable mécaniquement, le lamellé-collé est considéré comme un matériau « dur », montrant une forte résistance au feu. De nombreuses essences peuvent être utilisées, telles que le chêne, le châtaignier, le pin maritime ou le robinier. Les plus répandues restent le sapin, le douglas, l’épicéa, le pin sylvestre et le mélèze. Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 14080.

Vis à bois préconisées :

4. Pièce à fixer : dérivés du bois

OSB signifie Oriented Strand Board, ou panneau à lamelles minces orientées

Ce panneau de particules de bois est né à la fin des années 70 en Amérique du Nord. Il est aujourd’hui fabriqué partout en Europe. L’OSB est composé de lamelles de résineux provenant de bois d’éclaircies ou de grumes, minces (0,3 à 0,5 mm d’épaisseur), longues (jusqu’à 8 cm) et orientées. Les lamelles sont encollées et constituent un matelas de trois couches croisées. Cette structure particulière explique les excellentes performances mécaniques de ce panneau. Le panneau OSB peut être aussi bien utilisé en agencement (cloisons, mobilier, finitions) qu’en construction (contreventement, planchers, solives). Ils se déclinent en différentes épaisseurs (de 6 à 22 mm) et en différentes dimensions (largeurs de 1,25 à 2,5 m et longueurs de 2,5 m à 5 m). Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 13986.

Vis à bois préconisées :

Contreplaqué

Le contreplaqué est constitué de plusieurs feuilles de placage déroulées, épaisses de 0,8 à 4 mm, collées les unes sur les autres en croisant le sens du fil du bois. Les feuilles sont disposées autour d’un pli central appelé âme (souvent en bois tendre), leur nombre est ainsi toujours impair pour garantir un bon équilibre au panneau. L’épaisseur d’un panneau dépend donc du nombre de plis et de l’épaisseur des feuilles de placage qui le composent.

Pour la construction, les essences les plus courantes sont les résineux, l’okoumé, le peuplier et le hêtre, mais on utilise aussi le moabi, le sipo, le teck, … Pour l’ébénisterie (essences fines), le choix est vaste : châtaignier, chêne, noyer, hêtre, merisier, poirier, bouleau, charme, bois précieux, … Les formats les plus courants sont 250 x 122 (ou 125) cm et 310 x 153 cm. Les épaisseurs varient de 3 à 40 mm. Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 13986.

Vis à bois préconisées :

Panneau de particules

Lancés en 1940, les panneaux de particules ont été développés pour utiliser les déchets de bois. Le panneau de particules est un matériau en plaques composé de copeaux et de particules de bois encollées avec des résines thermodurcissables polymérisées lors du pressage à haute température. On distingue les panneaux de particules intérieurs CTB-S (destinés à des emplois en milieu sec), les panneaux de particules hydrofuges CTB-H (destinés à des emplois présentant des risques d’exposition temporaire à l’humidité) et les panneaux de particules ignifugés (classification M1).

L’orientation aléatoire des particules donne au panneau une tenue identique dans toutes les directions. Ses performances mécaniques sont cependant inférieures à celles des contre-plaqués. Le panneau de particules est adapté à la fois aux emplois en construction (parois, planchers et toitures), en agencement et en ameublement. Les épaisseurs varient de 6 à 38 mm, les largeurs de 0,6 à 2,1 m et les longueurs de 2,5 à 3 m. Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 13986.

Vis à bois préconisées :

Panneau de fibres

Le panneau de fibres est un panneau constitué de fibres de bois ou d’autres matières lignocellulosiques, d’une épaisseur supérieure ou égale à 1,5 mm, avec application de chaleur et/ou de pression. La matière première est constituée de simples fibres de bois étuvées sous haute pression afin de ramollir la lignine, agent collant naturel du bois qui assure le collage partiel ou total du panneau. On différencie les panneaux à faible densité (< 400 kg/m3) utilisés comme isolants, des panneaux extra durs (> 900 kg/m3) en passant par le médium bien connu pour ses faces lisses et ses chants usinables.

Les panneaux de fibres tendres sont à base de restes de scierie (écorce, copeaux). Ces panneaux semi-rigides composés uniquement de bois, sans ajout de liant, sont biologiquement irréprochables. Ils sont utilisés pour l’isolation thermique et acoustique des parois, des planchers et des toitures. Les panneaux de fibres durs ont une masse volumique d’environ 1000 kg/m3, une conductivité thermique de 0,20 W/m °C et une contrainte de rupture en flexion d’environ 40 Mpa. Ils sont très économiques et surtout utilisés pour des fonds de tiroirs, des jeux, des emballages, mais aussi pour l’âme de poutres composites. Ils peuvent être employés à l’extérieur dans des endroits peu exposés à condition d’être hydrofugés.

Les panneaux de fibres de moyenne densité (MDF, médium) sont des panneaux de fibres de bois collées et pressées à chaud. Ils possèdent deux faces lisses ainsi qu’une structure fine et homogène adaptée à tous les types d’usinage.

On distingue 4 types :

  • MDF standard, pour tous les usages en milieu sec;
  • MDF CTB-RH, dit «hydrofuge», résistant temporairement à l’humidité;
  • MDF M1, ignifugé;
  • MDF revêtu, (mélaminé, placage bois, papier, …).

Dans le domaine de l’ameublement et de l’agencement, le MDF (Medium Density Fiberboard) a été extrêmement utilisé au cours de ces dernières années. Les dimensionnements sont réalisés selon l’Eurocode 5. Ce type de bois est sanctionné par un marquage CE selon la norme NF EN 13986.

Vis à bois préconisées :


Retrouvez également notre guide Comment choisir sa vis à bois ?

NB : Le contenu de cet article est issu d’une brochure Würth sur la Visserie Bois datant de 2014. Certaines informations concernant les supports de vis à bois peuvent donc avoir évolué depuis la parution de la brochure ou de l’article.